Le Rhum

"Tous les chemins mènent ... au rhum!", telle pourrait être la devise en Martinique. Quel que soit le lieu où vous vous trouvez sur l'île, une distillerie n'est jamais très loin ! Rarement un environnement n'aura été aussi en harmonie avec un produit: paysages, population, culture et traditions, tout en Martinique nous invite à nous initier à l'histoire et à la culture du rhum ...



Un peu d'histoire

La découverte du rhum a suivi celle de l'Amérique: le sucre est alors une denrée de plus en plus recherchée en Europe occidentale. Les Espagnols et les Portugais, dès le 16ème siècle puis, les Français et les Anglais au 17ème, multiplient les plantations de canne à sucre dans leurs colonies respectives pour satisfaire un marché en pleine expansion, ils découvrent alors la possibilité d'obtenir, à partir du jus de la canne ou de la mélasse résiduelle, une boisson fortement alcoolisée qui redonne force et vigueur aux esclaves. C'est en 1694 que Jean-Baptiste Labat, père dominicain et personnage légendaire en Martinique, invente l'alambic: de nombreuses sucreries vont s'adjoindre une distillerie.

Face Ă  l’effondrement du cours du sucre au 19ème siècle, il faut trouver d'autres dĂ©bouchĂ©s: apparaĂ®t alors l'idĂ©e de distiller du jus de canne frais fermentĂ©. C'est l'arrivĂ©e du Rhum Agricole ou Rhum Habitant. Pour faire face Ă  la demande, une vĂ©ritable industrie rhumière se met en place. Saint-Pierre devient le premier centre mondial du commerce du rhum. Mais tout s’effondre le 8 mai 1902 avec l'Ă©ruption de la Montagne PelĂ©e. La ville est totalement anĂ©antie. Les seize rhumeries de Saint-Pierre sont totalement dĂ©truites. MalgrĂ© cette tragĂ©die, la ville et ses environs ont su très vite relancer la production de rhum.


Pour s'y retrouver

On distingue deux types de rhums: le rhum de vesou, appelĂ© dans les DROM/COM rhum agricole, est une spĂ©cialitĂ© des Antilles françaises et plus particulièrement, de la Martinique. Issu de la distillation du seul jus fermentĂ© de la canne Ă  sucre, il se dĂ©cline en rhum blanc ou grappe blanche, utilisĂ© pour le ti'punch; rhum vieux, qui a sĂ©journĂ© au moins 3 ans en fĂ»t de chĂŞne: rhum paille, le liquide est lĂ©gèrement colorĂ© par un sĂ©jour de deux ans au plus dans des foudres en chĂŞne. Le rhum de mĂ©lasse, appelĂ© souvent rhum industriel ou traditionnel reprĂ©sente plus de 90% de la production mondiale de rhum. Il est obtenu, dans les sucreries, par distillation de la mĂ©lasse. Depuis novembre 1996, les rhums agricoles de la Martinique bĂ©nĂ©ficient de l'Appellation d'Origine ContrĂ´lĂ©e (AOC), une garantie tant au niveau de la provenance que de la qualitĂ© des produits.

Notre Route du Rhum

La Martinique compte 9 distilleries ouvertes à la visite. La période des récoltes s'étale généralement de février à juin, c'est pendant cette période que vous aurez la possibilité de voir fonctionner les distilleries.


A toute heure son rhum, une tradition de la Martinique.


Bien que servi le plus souvent en apĂ©ritif ou comme pot de bienvenue, certains, notamment les anciens, boivent un ti'rhum robuste au petit matin, Ă  jeun. On parle alors de "dĂ©collage", de "mise Ă  feu" ou encore "rouvĂ© zyeux". A 10h, c'est le didico, suivi Ă  11h de ti-langoust, avalĂ© d'un seul trait. Juste avant le repas de midi, c'est le ti-punch, "l'heure du Christ", puis le folibar ou encore le trafalgar. Plus tard, dĂ©gustĂ© plus lĂ©ger, on parlera d'un "punch fillette" ou "ti-feu" et Ă  la nuit tombante, vous succomberez Ă  une petite partante ... Bref, Ă  chacun son rhum en fonction de l'heure, Ă  dĂ©guster ... avec modĂ©ration bien sĂ»r !

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